Photographie · parcours et séries

Martine Debair

Longtemps attachée aux mots, elle découvre tardivement l’image comme un autre langage. Collages, reflets, espaces vides et autoportraits deviennent les supports d’une recherche essentiellement liée à une fiction intime.

Découvrir la démarche
Historiens se penchant sur les créations du passé, photographie réalisée au Louvre
Historiens se penchant sur les créations du passé (Louvre)

Longtemps motivée exclusivement par les mots, Martine Debair découvre dans un stage d’arts plastiques une capacité de création d’images qu’elle ignorait. Elle prend alors conscience d’un réservoir ancien d’images — histoire, cartes postales, affiches de cinéma, publicité — chargées pour elle d’un sens symbolique.

À partir de 1994, près de quatre cents collages servent de laboratoire : des images détournées, réassemblées, parfois très minimales, qui lui permettent d’explorer sans censure des associations intimes.

Elle montre une partie de ce travail — collages et photographies personnelles destinées à être détournées — au directeur de la revue Photographie Magazine, qui lui dit :

« Vous êtes photographe, faites de l’autoportrait. La plupart des femmes photographes ont commencé ainsi. »

« Ma production d’images est donc fondamentalement liée à une fiction intime. »

Des collages à La Poupée

Les collages constituent le premier terrain d’expérimentation. Ils ne sont pas conçus comme une série homogène mais comme des brouillons libres, construits à partir d’images existantes dont le sens est déplacé par l’ajout d’un élément inattendu.

Avant les autoportraits, un court travail autour de La Poupée, nourri par la découverte de l’œuvre de Hans Bellmer, met en scène une sensation d’enfermement et d’empêchement de la parole.

Collage Monstre de Martine Debair

Collage

Monstre

Réalisé à partir d’une image de crevette. L’auteur ou la source de l’image d’origine reste à identifier.

Travail antérieur · exposé à Pantin en 1997

Reflets

Avant La vie comme un passage et avant le développement des autoportraits, Martine Debair mène un travail spécifique sur les reflets. Il ne s’agit pas de rechercher le flou : le reflet devient au contraire un moyen de construire une image dans l’image, de fragmenter le cadre et de faire coexister plusieurs plans du réel.

Elle cite Lee Friedlander comme une référence importante de cette démarche. Ses propres terrains d’expérimentation sont ceux qu’elle rencontre dans son quotidien : notamment le Parc de la Villette, mais aussi les vitrines, boutiques, panneaux et surfaces rencontrés lors de ses déplacements dans le Ve arrondissement de Paris.

Cette manière de travailler est directement liée à ses conditions de création : une vie professionnelle et quotidienne dense l’amène à photographier les espaces qui se trouvent sur son chemin, avec une production volontairement limitée en nombre d’images.

Photographies de la série en cours d’archivage.

Les images actuellement disponibles appartiennent à d’autres ensembles ; elles ne sont volontairement pas utilisées ici en attendant les tirages de la série Reflets.

Série conceptuelle · exposée à Pantin en 1999

La vie comme un passage quand on est athée

Le projet part d’abord d’une recherche graphique autour des escalators. Au musée d’Orsay, la vision d’un grand vide architectural voisinant le mouvement d’un escalator fait basculer le travail : le réel fournit soudain une image du passage de la vie et du néant qui l’accompagne.

À partir de ce déclic, Martine Debair photographie sans mise en scène, dans le métro, au musée d’Orsay et au Louvre, des situations rencontrées qui entrent en résonance avec cette interrogation. L’ordre de la série et plusieurs titres restent aujourd’hui en cours de reconstruction.

Photographie réalisée au musée d'Orsay pour la série La vie comme un passage

Musée d’Orsay · image déclencheuse

Titre à confirmer

Depuis un escalator, un grand vide architectural apparaît à côté du parcours. Cette photographie constitue le déclic à partir duquel la série prend véritablement forme.

Photographie de la série La vie comme un passage

La vie comme un passage

Errance, au dessus du vide

Cette photographie rejoint désormais l’ensemble. Sa place définitive dans la succession des images reste à confirmer.

L'Accueil des groupes, photographie de Martine Debair

Musée du Louvre

L’Accueil des groupes

Une femme vêtue de noir avance vers l’entrée portant l’inscription « Accueil des groupes ». Plus haut, plusieurs figures occupent la structure architecturale. Le titre reprend cette signalétique avec la pointe d’ironie recherchée par l’artiste.

Série essentielle

Autoportraits

L’autoportrait apparaît progressivement, d’abord par fragments du corps puis dans des compositions plus globales. Le cadrage, les miroirs, les reflets et parfois la présence même de l’appareil photographique perturbent l’identification du corps et déplacent le sujet vers la forme, la matière et la composition.

Je est un autre, autoportrait de Martine Debair

Possible point de départ de la série

Je est un autre

D’abord gênée par le flou du premier plan, Martine Debair envisage un temps de détruire l’image. Elle y reconnaît finalement un sens qui correspond à sa recherche : elle se regarde en train de se prendre en photo. Elle la revendique aujourd’hui comme un possible point de départ des autoportraits.

Le fichier actuellement disponible est une reproduction provisoire dont la dominante colorée ne correspond pas exactement au tirage original.

Autoportrait maniériste de Martine Debair

Série Autoportraits

Autoportrait maniériste

Le reflet permet de faire disparaître partiellement la tête dans l’image du micro-ondes. Le titre renvoie aux formes troublées et à la construction complexe de l’image, avec une référence personnelle au maniérisme, tout en gardant en arrière-plan certaines recherches surréalistes.

Après le bain, autoportrait de Martine Debair

Série Autoportraits · image et icône

Après le bain

À partir du souvenir d’une photographie de Hocine devenue iconique dans le contexte des violences en Algérie, Martine Debair cherche à éprouver ce qui peut donner à une image cette qualité d’icône. Elle se photographie simplement au sortir du bain, une serviette ordinaire sur la tête.

Autres images de la série

Fragments, miroirs et déplacements du corps

Autoportrait en ombre chinoise de Martine Debair

Autoportrait · titre à confirmer

Une image en ombre chinoise qui peut aussi être regardée à l’horizontale, où elle fait apparaître une sorte de visage facétieux. L’oreiller participe à la construction. Un pendant « positif » de cette photographie aurait également existé, mais le tirage semble avoir disparu après une exposition.

Autoportrait de Martine Debair autour du motif de l'œil

Autoportrait · titre à confirmer

Martine Debair cherche ici à donner une représentation par l’image de l’« œil » évoqué dans l’œuvre de Georges Bataille. Plus tard, la lecture d’Ouvrir Vénus de Georges Didi-Huberman lui fait également penser à cette photographie, dans une interprétation qu’elle présente comme personnelle.

Autoportrait au miroir avec robe de dentelle

Autoportrait · titre à confirmer

Photographiée sur un miroir, l’image associe une robe de dentelle réalisée en 1910 par une « petite main » de chez Dior et un jeu autour du fétichisme du vêtement et de la chaussure, dont la forme évoque pour l’artiste celle d’une abeille.

Regard extérieur

« On vient voir des toiles presque, dont le sujet se confond avec sa forme. »

— Nicolas Frize

Dans un texte consacré aux autoportraits, Nicolas Frize insiste notamment sur la précision du cadre, de la couleur et de la lumière, et sur la manière dont le sujet se met au service de l’image.

Photographie prise au musée Gustave Moreau
Photographie prise au musée Gustave Moreau — titre à confirmer

Photographie · classement à préciser

Musée Gustave Moreau

Cette photographie a été réalisée au musée Gustave Moreau. Un ami photographe lui dira : « Cette photo, j’aurais aimé la faire. » Un encouragement qui conforte son désir de poursuivre son travail photographique.

Son titre exact et sa place dans le parcours restent à préciser avant de l’associer définitivement à une série.

Dernière série réalisée · en cours de réarchivage

La Jetée

La Jetée est la dernière série réalisée par Martine Debair. Elle poursuit des préoccupations déjà présentes plus tôt dans son travail, notamment autour de La Poupée : la déformation du corps, sa métamorphose et le vieillissement.

L’ensemble des photographies est essentiel pour comprendre pleinement la série. La reproduction visible ici est provisoire et sera remplacée par une nouvelle prise de vue ; d’autres images seront ajoutées à mesure que les archives de la série seront retrouvées.

La Jetée, photographie de Martine Debair
La Jetée — reproduction provisoire

Parcours · en cours de vérification

Repères chronologiques

Cette chronologie constitue pour l’instant un cadre de travail. Elle sera affinée à mesure que les tirages, archives, titres originaux et dates d’exposition seront retrouvés et vérifiés.

1994

Début d’un important travail de collages, conçu comme laboratoire personnel.

1995

La photographie prend progressivement une place autonome dans le travail.

1997

Exposition à Pantin du travail sur les Reflets.

1999

Exposition à Pantin de La vie comme un passage quand on est athée.

2015

Présentation d’autoportraits à la galerie Art-et-Miss, Paris IVe.

Vers 2016

Passage de l’argentique au numérique ; l’appareil photographique apparaît dans certains reflets et vient parfois remplacer le visage.

À propos des reproductions

Cette version du site est encore en cours d’archivage. Certaines images visibles sont des reproductions provisoires réalisées à partir de tirages puis transmises par téléphone ou par mail. Elles seront progressivement remplacées par des fichiers de meilleure qualité.